« En Israël, la loi sur la peine de mort ciblant les Palestiniens est le signe d’une régression morale antérieure au 7-Octobre »
Dans une tribune au « Monde », le politiste Samy Cohen revient sur le texte adopté le 30 mars par le Parlement israélien. Celui-ci est le symptôme, à ses yeux, d’une évolution qui a commencé dès la deuxième Intifada, lorsque « la société israélienne se rallie majoritairement à l’idée contraire au droit international qu’un terroriste doit être exécuté sur-le-champ ».
Le 30 mars fut un triste jour pour la démocratie en Israël. Une loi ségrégationniste a été votée, condamnant à la peine de mort tout Palestinien résidant en Cisjordanie qui « cause intentionnellement la mort d’une personne dans le cadre d’un acte terroriste ». Ce texte exclut en revanche les colons qui se livreraient à des actes similaires envers les Palestiniens. Baruch Goldstein, qui, le 25 février 1994, a tué de sang-froid 29 musulmans dans le caveau des Patriarches, à Hébron, n’aurait pas été concerné par cette loi.