7 octobre 2023 – 7 octobre 2026 : la bataille du narratif
Trois ans après le 7 octobre 2023, quel récit peut-on faire de la séquence toujours en cours ? Comment se raconte le génocide à Gaza, par qui et avec quels mots ? Je crois que la difficulté qu’il peut y avoir encore à poser le terme de génocide n’est plus forcément liée à une question linguistique ou juridique, mais résulte davantage de la manière dont on perçoit Israël. Il y a là deux visions qui s’opposent. L’une, que nous pouvons considérer comme sioniste, appréhende Israël comme une démocratie libérale qui serait corrompue par un gouvernement d’extrême-droite et traumatisée par le 7 octobre. Dans cette perspective, la société israélienne est présentée comme totalement étrangère au fait de commettre un génocide. La seconde vision perçoit l’État d’Israël comme le fruit d’un colonialisme de peuplement et affirme que c’est par cela qu’il faut définir cette société. Dans cette perspective, le crime de génocide s’inscrivant aussi dans l’histoire du colonialisme, il figure au rang des possibilités.
«Le nord de la Cisjordanie est en train de devenir une “mini-Gaza”»
Le nord de la Cisjordanie est en train de devenir une «mini-Gaza». Le trajet le long des larges routes menant du nord-est de la Cisjordanie vers Jénine et le point de passage nord vers Israël – le poste de contrôle de Gilboa – est désolant. Les routes sont bordées de ruines silencieuses. Jusqu’à récemment, c’était le dernier «endroit sûr» de la Cisjordanie – le seul district exempt de colonies, de violences commises par les colons et de présence militaire significative. Ces derniers mois, cette région est elle aussi tombée entre les mains des colons.
« Face aux attaques des colons israéliens, j’ai l’impression de ne pas être en vie ». Le quotidien des Palestiniens de Masafer Yatta
Ruqayya Rabe’i était enceinte de trois mois lorsque des colons israéliens ont envahi son village. Dans cette immersion au sein de la communauté palestinienne de Masafer Yatta, elle se confie au sujet de la perte de son enfant et de la manière dont la violence des colons vise à détruire les fondements de la vie palestinienne. At-Tuwani, Masafer Yatta, sud de la Cisjordanie, 19 juillet, 0 h 30. Ruqayya Rabe’i, enceinte de trois mois, se trouvait dans sa chambre aux côtés de ses quatre filles endormies lorsque les premières pierres ont frappé sa maison. Elle s’est précipitée pour vérifier la porte d’entrée. Dans le salon, elle a trouvé son fils de 15 ans, Usayd, endormi juste sous une fenêtre derrière laquelle plusieurs colons, selon son témoignage, étaient armés de fusils et de couteaux et tentaient de pénétrer de force dans la maison.
La culture est un front contre l’apartheid et le génocide
« Page Six Hollywood » a récemment déclaré : « Une guerre des lettres ouvertes éclate entre les factions pro-israéliennes et pro-palestiniennes à Hollywood. » Il y a quelques années encore, un titre comme celui-ci aurait semblé impensable.