De Paris à Gaza, « je retiens mon cœur pour qu’il ne se brise pas »
Sous l’œil des caméras de surveillance et des gendarmes, notre chroniqueur
Mathieu
Yon attend chaque jour sur un banc, face au Quai d’Orsay. Il espère faire sortir
de
Gaza son amie, la poétesse Alaa Al-Qatrawi.
(reporterre.net)
Depuis le 24 septembre, j’attends sur un banc, de 9 heures à 19 heures.
J’attends un rendez-vous avec le directeur de cabinet du ministère des
Affaires
étrangères, pour réclamer la reprise de l’accueil des Gazaouis, gelé depuis
le
1ᵉʳ août, et plaider la cause de mon amie, la poétesse Alaa Al-Qatrawi.
Sur mon banc, j’entends que le ministère serait disposé à reprendre les
accueils. J’entends que le refus viendrait désormais des autorités
israéliennes.
Ces informations sont probablement vraies. Mais comment se fait-il que
toutes
ces autorités décident sans la moindre consultation démocratique, qui doit
vivre
et qui doit mourir ? À quel moment les Gazaouis ont le droit de partir, et à
quel moment ils doivent rester ?
On m’a raconté que certains Gazaouis avaient refusé d’être évacués, car les
autorités françaises leur demandaient de laisser leur famille sur place.
Autrement dit, de les laisser mourir et de partir le cœur léger vers une
nouvelle vie pleine de promesses. J’ai le cœur lourd d’entendre ces récits
où le
droit et la justice sont bafoués. En ces temps de tragédies, il faut garder
la
tête haute et le cœur droit.