Le boycott culturel d’Israël est-il un levier politique efficace pour la cause palestinienne ?
En préambule, Eyal Sivan tient à rappeler que “personne n'a appelé au boycott de Nadav Lapid” mais que des “cinéastes, arabes, palestiniens et autres”, invités au Festival international de cinéma de Marseille, “en apprenant la présence de Nadav Lapid, son film et sa masterclass, ont décidé de se retirer du festival et se sont auto-boycottés”. Le fait que le dernier film “Oui” du réalisateur israélien ait été aidé à hauteur de 13 % par des institutions israéliennes a été particulièrement pointé du doigt, quand bien même le cinéaste est particulièrement critique vis-à-vis du gouvernement israélien.
Judith Lou Lévy, qui a produit ce film, ne comprend pas “comment des gens qui veulent soutenir et défendre la cause des Palestiniens pourraient s'y retrouver dans ce décorticage assez administratif et bureaucrate d'aides, sur une œuvre qui n'a jamais été ambiguë sur ses positions politiques et qui fait par ailleurs partie des voix les plus contestataires actuelles du monde juif diasporique sur ce qu'est en train de devenir Israël aujourd'hui”.”